Pillars of HELP Inc.
HELP : un modèle de projet de développement rural Par Thomas Lalime thomaslalime@lematinhaiti.com
Le Dr Michel Henry Brutus
le déclare sans ambages : « Je
suis un agent de développement ». Le fondateur et directeur général
de la HELP (Health, Education, Learning Ressources Projects) –
organisation à but non lucratif œuvrant dans la localité de
Vaudreuil – voit en ce concept quelqu’un qui veut contribuer au
développement de son pays, ce qui implique la prise en compte de
toute une série de domaines intimement liés. Chacun de ces domaines
fait l’objet d’une attention spéciale de la part du Dr Brutus : la
santé, l’éducation, l’agriculture, l’écotourisme, l’eau potable et
la protection de l’environnement. Le Dr Brutus mise beaucoup sur
l’éducation particulièrement l’éducation civique et sanitaire, car,
admet-il, prévenir vaut mieux que guérir et une population éduquée
est plus apte à promouvoir l’agriculture, l’écotourisme et la
protection de l’environnement.
La passion d’aider
Le Dr Brutus trouve sa motivation dans l’idéal de son père qui lui a appris dès son jeune âge que plus on
aide,
plus on reçoit. Il a choisi de marcher sur les pas de son père, le
nonagénaire Ludovic Brutus, ancien directeur de la Hasco de la zone
du Culte-de-Sac. Le fondateur de HELP se dit fier de poursuivre
l’œuvre de son père duquel il hérite le premier bâtiment qui loge
l’organisation. Et comme pour pérenniser cette philosophie
d’entraide, il dédie l’un des bâtiments à son père qui fête son 94e
anniversaire le 12 janvier 2007 : le pavillon Ludovic Brutus.
Le Dr Brutus garde surtout à l’esprit deux moments important de sa vie : son passage au Costa-Rica où il a fait des études post-graduées en santé communautaire à l’Université San Jose et sa rencontre avec le Dr Edith Irby Jones, la première femme noire graduée en médecine dans le Sud des États-Unis à la faculté de Médecine de l’Université d’Arkansas.
Le Costa-Rica, indique t-il, est considéré comme la Suisse de l’Amérique centrale, un pays socialiste modèle. Chaque Costa- ricain vit avec cette fierté dans l’âme, partout où il passe. Il se sent citoyen du monde. le Dr Brutus partage avec le Costariciens ce sentiment d’universalité. « Je ne fais pas de différence de classe. Je peux aider tout le monde dans n’importe quel domaine de mes aptitudes », lâche-t-il d’un air sincère. Le préjugé, poursuit-il, peut être remarqué d’un simple coup d’œil du vis-à-vis.
L’expérience
du Dr Brutus avec le Dr Edith Irby Jones ne quitte jamais sa
mémoire. Le Dr Jones présidait une commission d’évaluation des
besoins haïtiens en soins de santé à laquelle participait le Dr
Brutus, 18 ans après avoir laissé le pays au même âge afin de
poursuivre ses études à l’Université de Veracruz au Mexique. Le Dr
Brutus se souvient être tombé des nues en constatant l’état de
dégradation du pays. Le Dr Jones ne pouvait contenir ses larmes mais
trouvait quand même les ressources nécessaires à consoler le cœur
meurtri du Dr Brutus. Les deux docteurs prirent conscience qu’il
fallait faire quelque chose pour le pays délabré. De là est venue
l’idée de devenir un agent de développement et de la matérialisation
de cette idée est née HELP. En signe de gratitude, l’un des
bâtiments est dédié au Dr Jones.
HELP, vingt ans déjà
L’organisation à but non lucratif HELP est fondée à Boston à Massachusetts aux États-Unis en 1986. Elle est établie en Haïti, à Vaudreuil, une communauté située non loin de la Croix-des-Bouquets depuis 1992.
La passion d’aider
Le Dr Brutus trouve sa motivation dans l’idéal de son père qui lui a appris dès son jeune âge que plus on
aide,
plus on reçoit. Il a choisi de marcher sur les pas de son père, le
nonagénaire Ludovic Brutus, ancien directeur de la Hasco de la zone
du Culte-de-Sac. Le fondateur de HELP se dit fier de poursuivre
l’œuvre de son père duquel il hérite le premier bâtiment qui loge
l’organisation. Et comme pour pérenniser cette philosophie
d’entraide, il dédie l’un des bâtiments à son père qui fête son 94e
anniversaire le 12 janvier 2007 : le pavillon Ludovic Brutus.Le Dr Brutus garde surtout à l’esprit deux moments important de sa vie : son passage au Costa-Rica où il a fait des études post-graduées en santé communautaire à l’Université San Jose et sa rencontre avec le Dr Edith Irby Jones, la première femme noire graduée en médecine dans le Sud des États-Unis à la faculté de Médecine de l’Université d’Arkansas.
Le Costa-Rica, indique t-il, est considéré comme la Suisse de l’Amérique centrale, un pays socialiste modèle. Chaque Costa- ricain vit avec cette fierté dans l’âme, partout où il passe. Il se sent citoyen du monde. le Dr Brutus partage avec le Costariciens ce sentiment d’universalité. « Je ne fais pas de différence de classe. Je peux aider tout le monde dans n’importe quel domaine de mes aptitudes », lâche-t-il d’un air sincère. Le préjugé, poursuit-il, peut être remarqué d’un simple coup d’œil du vis-à-vis.
L’expérience
du Dr Brutus avec le Dr Edith Irby Jones ne quitte jamais sa
mémoire. Le Dr Jones présidait une commission d’évaluation des
besoins haïtiens en soins de santé à laquelle participait le Dr
Brutus, 18 ans après avoir laissé le pays au même âge afin de
poursuivre ses études à l’Université de Veracruz au Mexique. Le Dr
Brutus se souvient être tombé des nues en constatant l’état de
dégradation du pays. Le Dr Jones ne pouvait contenir ses larmes mais
trouvait quand même les ressources nécessaires à consoler le cœur
meurtri du Dr Brutus. Les deux docteurs prirent conscience qu’il
fallait faire quelque chose pour le pays délabré. De là est venue
l’idée de devenir un agent de développement et de la matérialisation
de cette idée est née HELP. En signe de gratitude, l’un des
bâtiments est dédié au Dr Jones.HELP, vingt ans déjà
L’organisation à but non lucratif HELP est fondée à Boston à Massachusetts aux États-Unis en 1986. Elle est établie en Haïti, à Vaudreuil, une communauté située non loin de la Croix-des-Bouquets depuis 1992.
le Dr Brutus se réjouit d’avoir rendu accessibles les soins
sanitaires aux paysans de Vaudreuil et des localités environnantes
notamment les communes de la Croix-des- Bouquets, de Ganthier, de
Fonds- Parisien, de Thomazeau voire des citadins de la capitale.
Quinze ans après l’implantation de la HELP à Vaudreuil, les
retombées sont palpables, explique le Dr Brutus. Car, près d’une
centaine d’emplois ont été créés, le centre hospitalier, réputé pour
sa spécialité en chirurgie de cataracte et la santé communautaire,
fonctionne 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, un centre pédiatrique
bien équipé et les habitants bénéficient de toute une gamme de biens
et services. La satisfaction du fondateur de la Help est d’autant
plus grande qu’il vient de mettre à la disposition des cultivateurs
une pompe qui sert à l’irrigation des champs. Le Dr Brutus imprègne
la vie des paysans sans pourtant épouser leur mode de vie puisque,
précise-t-il, il leur faut des modèles. Ainsi, se fait-il membre de
Kaderev : le Comité agricole de développement et de reboisement de
Vaudreuil qui est une coopérative agricole fille de la HELP. Au sein
du comité, il est le seul propriétaire, jouant le rôle d’encadreur
et de catalyseur des autres membres agriculteurs. Il exerce dans la
zone un leadership de proximité. Il gère les conflits locaux et
interrégionaux, mobilise les ressources financières et humaines pour
concrétiser les objectifs de l’organisation.Au cours d’un entretien avec le Dr Brutus, il vous parle, à coup sûr, de communication et de leadership, deux concepts qui résument bien la philosophie du mouvement Toasmasters international. Le Dr Brutus, l’un des Toasmasters les plus chevronnés en Haïti, répand le mouvement en créant des clubs Toasmasters et en incitant le plus grand nombre de compatriotes à y prendre part. Ce, dans le but d’aider à combler le déficit en art oratoire très souvent constaté dans les milieux professionnels haïtiens et de contribuer à l’exercice d’un leadership responsable en Haïti.
Un choix irréversible
Il se sent tout à fait à l’aise dans cet environnement et il ne regrette pas avoir abandonné son confort bostonien pour venir s’implanter en Haïti. « Ce choix est irréversible », avoue-t-il. Et il s’explique : « l’argent, c’est de l’énergie mais la vraie richesse réside dans l’aide qu’on donne à ses semblables. Et la grandeur d’un homme ne se mesure pas à l’aune de la richesse matérielle mais plutôt au nombre d’obstacles surmontés pour parvenir à la réalisation de ses rêves». Les opportunités qu’il pourrait trouver ailleurs seraient matérielles, se réconforte-t-il. Et pour trouver de l’énergie nécessaire à confronter les obstacles, il traduit en créole et placarde au mur de son bureau la pensée de Charles Haddon Spurgeon : « Fè tout byen ou kapab, tout kote w kapab, tout jan ou kapab, pou tout moun ou kapab, jouktan w pa kapab ankò ». Le Dr Brutus trouve dans ce credo toute la force nécessaire pour affronter les moments les plus difficiles tels que l’embargo, l’insécurité et plus récemment encore le kidnapping des proches de sa famille. Il se montre très reconnaissant envers ses partenaires sans qui, il serait difficile pour lui de réaliser ses rêves. Il cite, en autres, Plan Haïti qui a accepté dès le départ d’apporter sa contribution au programme de la HELP et à son renforcement institutionnel.
Le Dr Brutus a réalisé une maîtrise en gestion hospitalière de l’Université de Harvard. Il croit que le modèle HELP prêche de par lui-même. « J’ai été aidé dans ma vie notamment par le docteur Jones, je veux continuer à aider », avise-t-il. Loin de lui toute velléité de faire de la politique active, encore moins de la politique haïtienne. La raison est simple : « La politique, comme elle se fait en Haïti, m’empêchera de réaliser mes projets ». Il admet qu’il est très difficile de conseiller à quelqu’un de son profil notamment de la diaspora de venir s’implanter en Haïti. C’est le sentiment et la conviction qui doivent dicter les actions à entreprendre. Car, il a des frères et sœurs et son fils qui ne veulent pas rentrer en Haïti. Mais, précise-t-il, on n’a pas besoin d’être sur le terrain pour aider. On peut le faire à partir des structures crédibles et tangibles existantes en y apportant des contributions financières, matérielles et intellectuelles.
mardi 9 janvier 2007





